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« Relève nationale » ou stratégie de diversion ? Stéphane Vincent lance sa plateforme sous le feu des accusations

Le 10 juillet 2026, Stéphane Vincent, ancien directeur de la Direction de l’Immigration et de l’Émigration (DIE), a officiellement lancé sa plateforme politique, la Table de la Relève Nationale (TRN). Présentée comme un espace indépendant de réflexion sur la transition, cette initiative affiche clairement ses ambitions. Mais elle intervient dans un contexte judiciaire particulièrement délicat pour son initiateur.

Car Stéphane Vincent ne se présente pas en terrain vierge. Un rapport de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), publié en mai 2025, le met en cause dans un système présumé de production illicite de passeports ayant entraîné un manque à gagner de 3,6 millions de gourdes pour le Trésor public. L’organisme recommande des poursuites à son encontre, entre autres personnes impliquées.

Pourtant, loin de clarifier sa situation devant la justice, Vincent a choisi d’occuper le terrain politique en se posant déjà en acteur d’une « nouvelle transition ». Lors du lancement, il a déclaré : « La relève haïtienne ne sera pas spectatrice de la transition. Elle sera présente. Elle sera organisée. Elle sera exigeante. Elle sera responsable. Elle sera à la table. »

Des mots forts, mais qui laissent un goût amer à plusieurs observateurs. Pour une partie de l’opinion publique, la crédibilité de toute nouvelle offre politique passe d’abord par une transparence totale face à la justice. La question est posée : comment une structure peut-elle prétendre incarner le renouveau citoyen quand son leader est sous le coup d’accusations aussi graves ?

La TRN se veut officiellement indépendante des partis traditionnels et affirme ne pas vouloir participer aux élections, mais simplement influencer les débats sur la sécurité, la transition, l’ordre constitutionnel et la reconstruction. Toutefois, la figure de proue du mouvement, elle-même visée par des poursuites, soulève un problème de fond.

Pour l’heure, les partisans de Vincent saluent une « première étape » et promettent un travail de fond. Mais pour une frange non négligeable de la société haïtienne, un constat s’impose : avant de prétendre à « être à la table » des décisions nationales, il faudrait d’abord répondre des actes reprochés devant un tribunal.

En attendant, le lancement de la TRN risque de rester marqué par une contradiction difficile à ignorer. La relève haïtienne, si elle veut être crédible, doit d’abord faire la preuve de son intégrité. Et pour beaucoup, cette preuve commence par un passage devant la justice, pas par une allocution.

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